Distance / My Demons (Planet Mu / La Baleine)

illustration Dans son numéro de mai, notre illustre confrère britannique The Wire (le grand frère d’Octopus, en quelque sorte) présente un remarquable dossier sur ce genre urbain (du sud de Londres, plus précisément) qu’est le dubstep. Une impeccable sélection, qui va de Vex’d à DJ Hatcha en passant par Benga et Skream (il manque étonnamment le nom de Milanese), accompagne l’article de Derek Walmsley. Premier album de Distance, DJ de la station londonienne Rinse FM (mère du genre dubstep), My Demons ne figure pas dans la liste, ce qui ne nous a pas empêchés d’y jeter une oreille doublement attentive. A notre humble avis, ce double LP – aussi disponible en un seul CD – aurait mérité que son sens inquiétant des basses profondes rejoigne une liste dont les premiers noms datent déjà de 2003. Grâce à ce remarquable album, épilogue de tracks antérieures sorties sur Sting Records, Distance inscrit son sens profond de la mélodie – une majorité des titres sont carrément des hits dubstep au fort potentiel dancefloor – dans un esprit terriblement urban, tant leur densité langoureuse enfièvre ces infra basses horizontales qui obsèdent les cerveaux hagards en semi-lévitation dans les premiers métros du dimanche matin. Merci The Wire, merci DJ Distance.

Fabrice Vanoverberg


© Association Hyacinthe Octopus 2004