

Hurtmold / Mestro (Nacopajaz / Discograph)
|  | Pays de tous les fantasmes, le Brésil n’a de cesse de nous envoyer la crème de ses représentants, quel que soit le domaine. Témoin de la folie créatrice du pays d’Oscar Niemeyer, la récente compilation Brazil 70 After Tropicalia New Directions in Brazilian Music nous rappelait le rang majeur que la scène bossa nova n’a jamais cessé d’occuper dans l’imaginaire collectif occidental. Bien plus récemment, et bien que leur cas soit plus discutable, les déhanchements basanés des Cansei de Ser Sexy (CSS) et autres Bonde Do Role ont contribué avec beaucoup de plaisir au renflouage des caisses des prothésistes de hanche, qui n’en demandaient pas tant. Dans un tout autre registre (bis), nous ne nous attendions pas qu’un groupe de Sao Paulo (le présent Hurtmold) vienne rivaliser – et de très belle manière – avec la clique de Chicago centrée autour des toujours verts Tortoise. Epris de jazz et de rock (l’usage de ces deux mots requiert bien plus que des pincettes), le sextet auriverde conjugue d’une impeccable maestria (écoutez, c’est un ordre, le sublime "Amarelo É Vermelho") des rythmiques très Thrill Jockey à une liberté jazzique en poussière de ciel bleu qui laissera rêveurs les nostalgiques d’Os Mutantes. Bourré d’idées épicuriennes (cette guitare aux notes claires sur "Chuva Negra", guère éloignée de la rumba congolaise, la ligne de basse de "Sova", hommage apprivoisé aux filles d’ESG), magnifié par les vibraphones de Maurizio Takara et Guilherme Granado, tout en évitant l’écueil de la démonstration, Mestro nous fait regretter d’avoir attendu le quatrième album de ses géniteurs pour nous y intéresser.
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© Association Hyacinthe Octopus 2004
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