

Gregor Samsa / Rest (Own Records / Differ-ant)
|  | Ah qu’il est heureux de voir des artistes, engagés dans une voie qu’ils maîtrisaient à la perfection (le post rock, dans le cas du combo américain Gregor Samsa), remettre en doute leurs certitudes pour mieux fouiller les combles de leur culture musicale, direction la renaissance atmosphérique quelque part du côté de The Album Leaf vs le Mum de 2001. Dieu Mogwai sait pourtant que la ribambelle de guitares, cordes et piano – pas moins de douze musiciens ont participé à l’enregistrement de ce troisième album, chacun dans son coin des Etats-Unis – aurait pu se contenter d’une redite décibellienne, forcément paresseuse, des opus précédents, le magnifique EP 27’36 et l’impressionnant LP 55’12. Quitte à troubler le cœur des fans – oh, ils ne sont point des cohortes – Nikki King, Billy Bennett, Champ Bennett & co font œuvre de redéploiement artistique complet, abandonnant les avalanches de bruit, direction neuf mélopées impressionnistes d’une lenteur américaine où Low ferait sauter le système électrogène du Godspeed, l’album ne se nommant pas Rest pour rien. Bien sûr d’une très grande subtilité harmonique où le piano (un Bösendorfer ancienne propriété de Philip Glass) joue un rôle central, tout en esquissant des envies mélodiques dignes de Tristeza, la formation inspirée par La Métamorphose de Kafka frappe de nouveau un très grand coup. En toute subtilité.
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© Association Hyacinthe Octopus 2004
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