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Nathan Michel
The Beast (Sonig / Skipp / La Baleine)

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Après avoir publié deux albums honorables sur Tigerbeat 6, c’est sur le label de Cologne, Sonig, que le new yorkais Nathan Michel a choisi d’éditer The Beast, son disque le plus abouti à ce jour. Magnifiquement fugace, bien qu’une écoute hâtive puisse donner l’impression d’être en présence d'une musique familière, il faut signaler l’audace et l’ambition de l’écriture musicale de Michel et louer le caractère exaltant de ce drôle de projet. Imprévisible donc, sans pour autant subir les assauts d’une esthétique exclusivement vouée à la loi du cut-up, ses morceaux peuvent, sans crier gare, se faire la malle. Gorgés de ruptures mélodiques, d’harmonies plaintives façon Brian Wilson et d'une fausse candeur à la High Llamas, ils suggèrent tout autant le kitsch clinquant de Burt Bacharah, que le côté bricolé des merveilles pop de Max Tundra ou la sensibilité toute "glitchy" de Fonica. L’album a été élaboré à l’aide d’une instrumentation riche ; la variété et la précision dans l'utilisation des instruments à cordes et à vents annihilant l’écueil lounge inhérent à ce genre d'initiative musicale. La voix de Nathan Michel, très présente, sans néanmoins s'avérer outrancière, rappelle les inflexions de Robert Wyatt, quand elle ne convoque pas carrément le post cabaret-jazz et les digressions de guitare électrique du camarade Phil Manzarena entendus sur les derniers disques du maître. Le talent incontestable de Nathan Michel culmine sur le nostalgique morceau-titre où une douce mélancolie "seventies" titille l’auditeur romantique qui sommeille en chacun de nous.

Frédéric Foreau

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