Sommaire du mois /oursins chroniques
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| Dub Gabriel Bass Jihad (Azra / Import)
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| S’inscrivant dans la tradition du dub «orientaliste» lancée dans les années 90 par Bill Laswell, Muslimgauze, The Rootsman ou l’équipe du label new-yorkais Wordsound (remember Spectre, les compilations Certifed Dope…, etc.), Dub Gabriel montre, avec Bass Jihad, qu’il pourra légitimement prétendre, dans un avenir proche, intégrer le clan des meilleurs spécialistes des musiques ethno-futuristes. Au titre particulièrement provocateur (il est vrai que les sons du jihad se font, de nos jours, particulièrement assourdissants…), ce deuxième opus expédie l’auditeur illico presto vers un lieu imaginaire où se côtoient conteurs de la place Jemaa El Fna de Marrakech et DJs des sound systems des faubourgs de Kingston ("War in the Poppy Fields", "Rumi Go Through Me", "Saaz Remains the Same"). Moins abrasif mais probablement plus désespéré que celui de Muslimgauze (est-ce possible ?), le dub ésotérique de Bass Jihad, ne dédaignant pas quelques incursions hip-hop ("Tales of One Man’s Trials", "History"), dépeint un monde post-apocalyptique. Où le ciel s’est mué en brouillard orange et où adeptes du rastafarisme, fakirs urbains et derviches contaminés, réduits au silence par un imposant masque à gaz, ne disposent plus que d’un –maigre– arsenal : un mur d’enceintes, vecteurs de l’hypnose et de la transe. Le salut viendra-t-il de la bass music ?
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