Sommaire du mois /oursins chroniques
| |
| Ent Fuck Work (Baskaru / Autodistribution)
| 
milk oblo
| Après cinq années d’émérites mais confidentielles activités, le duo italien Ent, composé des multi-instrumentistes Michele Scariot et Emanuele Bortoluzzi délivre enfin son premier album. À l’image du groupe, Fuck Work entretient une impression trouble, une succession de pièces en faux-semblants qui échappe à toute catégorisation, pour développer des climats emmitouflés dans une nature organique iconoclaste, issue de la rencontre biaisée d’éléments composites électroniques et acoustiques. Il serait donc rapide – et réducteur – de classer Ent dans l’electronica pure, quand sur un morceau comme "All night long", le duo arrive à scénariser un dialogue narratif poisseux et intrigant entre des lignes de cordes filandreuses très post-rock, et des agencements électro-acoustiques aériens. Presque inévitablement, on songe alors à un Gastr Del Sol plus affable ; plus industriel aussi. Car sur d’autres pièces, comme "Eternal plans", les constructions musicales se font plus sombres et résonantes, répétitives même, évoquant presque par moments un Pan Sonic qui aurait rangé les blast beats au placard pour se consacrer à l’édification d’ambiances malingres et pénétrantes, de strates soniques reprenant les thématiques improvisées dans le soufre des Giuseppe Ielasi et autres tenants de la nouvelle scène improvisée italienne, pour les corrompre dans un esprit anti-conformiste digne du label Fat Cat. Bref, il suffit d’écouter pour se convaincre de la pertinence de ce brûlot prétendument anti-stakhanoviste.
Pour en savoir plus
site du label : www.baskaru.com
|
| |