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Clap Your Hands Say Yeah
Some Loud Thunder (Wichita / Co-opérative Music)
Parmi les groupes issus de cette scène rock new-yorkaise peu avare en sensations du moment (Rapture, Strokes, LCD Soundsystem), nos chouchous sont sans conteste les Clap Your Hands Say Yeah ! Si le nom du groupe résumait assez bien le contenu un peu lisse du premier album - une indie-pop énergique, pleine de ferveur adolescente, charmante au mieux, mais encore trop convenue dans son écriture - Some Loud Thunder tire tout son pouvoir de séduction de cette gravité nouvelle qu’il arbore fièrement et du considérable élargissement de ses horizons musicaux. |
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Pour s’en convaincre, il faut écouter "Goodbye to Mother and the Cove", avec son ballet hypnotique de guitares, ses cloches morriconiennes, sa basse têtue, son orgue de Barbarie synthétique, ses percussions qui savent rester discrètes avant un final enlevé, à la manière d’un boléro. Les mélodies s’étoffent et si CYHSY a perdu en spontanéité et en simplicité, il a en contrepartie gagné en tension, en élégance aussi (l’aérien "Mama", après sa série de faux départs), en couleur (l’espiègle "Emily Jean Stock") et en étrangeté ("Love Song n°7" et ses airs de musique foraine). La voix d’Alec Ounsworth, quelque part entre le timbre du Tom Verlaine de Marquee moon et le phrasé de David Byrne, exubérante et débonnaire, excelle toujours dans son genre exalté, approximatif et acrobatique. Ounsworth, dans sa posture mi-lyrique, mi-ironique, est d’ailleurs plus acteur que chanteur : « I’m at the end/This here my rope/Let split the night/And we get young/Like sacred cow/Without tongue who sang a song sing/Time does not cut deep/but cut most absurdly.../So la la dum ». L’album doit enfin beaucoup à la production qui, par son approche à la fois subtile, dans les superpositions d’instruments et de choeurs, et brute, voir bruitiste, du son, donne à l’album un caractère incisif et physique. D’ailleurs, le corps ne résiste guère à ce disco beat diabolique et haletant, tout en collages, arpèges et pianos dissonants ("Satan said dance"), ni à ce slow rock flamboyant et nerveux qui fait rimer « Carcassonne » avec « no one » ("Yankee go home"). Fragile et épique, inventif et bien assis, blanc et noir, Some Loud Thunder, avec ses histoires de rencontres manquées et d’existences décalées, au bord de l’insignifiance, est décidément la bonne nouvelle pop à faire partager.
Alexandre François
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