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Liars
Liars (Mute/ Labels)
Sans renier leur passé expérimental grisant, les Liars profitent de ce quatrième album éponyme pour mettre la pédale douce sur leurs truculences électriques fanfaronnes. Un résultat étonnamment équilibré, qui transcende incontestablement la dimension et l’impact musical de ce groupe séduisant et fantasque. |
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Complexe, déstructuré, voire même démantibulé dans ses expériences sonores pouvant atteindre les 30 minutes d’épilepsie sonique (on se souvient du "This dust that makes the mud" qui clôturait leur premier album, They Threw Us In A Trench And Stuck A Monument On Top ), le rock des Liars marie depuis bientôt six ans la fougue électrique du Pink Flag des Wire avec l’approche foncièrement expérimentale et improvisée développée dès les années 70 par des groupes comme This Heat. Chacun des trois albums du groupe a ainsi marqué une étape dans un work-in-progress noisy-rock vaguement arty, suivant autant les pérégrinations géographiques du trio (de New York à Berlin puis à Los Angeles) que la tentation permanente du franchissement des barrières qui les avait conduit à sortir sur leur précédent album Drums not dead un accompagnement multimédia de trois films courts par morceau. Ajoutez à cela des performances scéniques souvent abrasives, parfois plus proches du happening que du concert, et vous comprendrez que les Liars ne pouvaient finir que par saturer dans cette quête effrénée et hautement démonstrative de vitupérance créative.
Sans forcément signifier un coup de frein à leurs ambitions artistiques, Liars inaugure une démarche plus simple, presque dépouillée – même si on a du mal à employer ce terme avec un tel groupe – largement symbolisée par ce titre éponyme qui abandonne les dénominations à rallonge qui ont fait la marque du groupe. Liars est un album pop, et sans doute, dans le cheminement d’un groupe, est-il l’album qu’il fallait que le groupe sorte à ce moment-ci. Des morceaux comme "Houseclouds", croisement lymphatique de Devo et de Jane’s Addiction, ou même l’introductif "Plaster cast of everything" avec son immédiateté pop/punk traduisent parfaitement un choix d’écriture simplifié, mais pas pour autant dénaturé. Les Liars gardent leur esprit intact, leur cynisme électrique fusant et leur puissance sonore jouant toujours de ses formats lancinants et introspectifs qui les lient incontestablement à la scène industrielle ("Leather prowler"). Mais cette fois, ils n’hésitent pas non plus à s’épancher dans d’étranges scénettes musicales pleines de retenue et de tendresse ("Sailing to byzantium").
Débarrassés de certains de leurs concepts devenus trop truculents pour tenir sur la durée, les Liars se concentrent juste sur l’écriture pour balancer quelques bombes nerveuses biens senties comme "Freak out", ou "Clear island" ou ce "The dumb in the rain" aux accents très Jesus and Mary Chain . Et d’offrir par la même ce qui est sans doute à ce jour leur plus insidieux cocktail sonore de bizarreries électriques et d’humeurs pop.
Laurent Catala
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> Pour en savoir plus
Site du label : www.mute.com
Site du groupe : www.liarsliarsliars.com
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CDs des semaines précédentes :
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