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Sun Ra
Strange Strings (Atavistic/orkhêstra)
Initialement paru en 1967 sur le Label El Saturne, Strange Strings renvoie à l’une des périodes de créativité les plus débridées de Sun Ra et de son ensemble à appellation variable, en l’occurrence le Astro-Infinity Arkestra. |
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Enregistré en 1966 sans que l’on sache très bien quand, ce disque s’entoure donc d’un halo de mystère et témoigne d’une session d’enregistrement des plus précieuses, dont on retrouve seulement quelques traces sur un autre disque, le Sun Ra and his solar mythe arkhestra Vol 2 paru en 1972 sous le titre Interpretation. Dans cette Période où Ra et les siens menaient des études autant spontanées et expérimentales qu’approfondies sur la confrontation entre jazz, prospection électro-acoustique – on s’en rend compte dans l’utilisation par Ra lui-même d’un mini-moog ou dans les jeux de réglages des microphones - et détournements d’instruments à cordes « traditionnels », ce disque pousse ces ébats sonores à leur paroxysme. La part de mystère supplémentaire vient du fait que la plupart de ses instruments ne sont pas toujours clairement identifiés. N’étant en tout cas pas clairement listés dans les annotations émergeant de ses séances, ce sont les témoignages photographiques pris à l’époque qui permettent de reconstituer ce jeu de piste autant sonore que conceptuelles. Impossible de reconnaître forcément les sonorités de Pipa – le luth chinois – joué par John Gilmore dans ce canevas de distorsion. On reconnaît bien le Ukulin, une forme de cithare, sur « Strings strange », mais plongé dans un bain de reverbérations aux dynamiques verticales et on imagine que c’est bien le son d’un dutar, long luth à deux corde, que Ronnie Boykins joue sur ce même morceau. Pour cerner le son du bandura, sorte de basse six cordes d’origine ukrainienne qu’utilise Marshall Allen, il faut se référer à une photo prise par Alton Abraham et le montrant en train d’en jouer sur la pochette de Holiday for a soul dance en 1970. A l’arrivée tous ces instruments sont ainsi plongés dans un bain de texture subliminal, éminemment métallique comme le rappelle cette feuille de métal qui semble claquer au vent sur le début de « Strange strange » . Ici la dimension bruitiste de la musique s’emporte dans un flot d’expériences brutes improvisées, de vocalises spatialisées, de real time process tout à fait singuliers à l’époque. Pour aboutir à l’un des disques les plus incroyables de Sun Ra dans cette période des mid-sixties consacrée à ses études sur les cordes – avec les albums Atlantis et Magic City – qu’on reliera sans problèmes au film de Phil Niblock tourné la même année, The MAgic Sun. A signaler la présence du morceau bonus « Door Squeak », composition pour grincement de porte, cordes et percussion, sur cette réédition cd.
Laurent Catala
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> Pour en savoir plus
Site du label : www.atavistic.com
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