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Anthony Pateras
Chromatophore (Tzadik / Orkhestra)
A cheval entre musique de chambre et manipulation électronique, la musique d'Anthony Pateras évolue dans un champ tendu, dense et intriguant que ce Chromatophore, deuxième album du musicien sur Tzadik, vient superbement confronter. |
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Grâce notamment à la publication de son album Chasms sur Sirr Records l'an passé, on s'était familiarisé avec le goût du musicien australien Anthony Pateras pour les manipulations instrumentales au piano préparé. On savait aussi que le compositeur avait une sympathie toute particulière pour les compositions électro-acoustiques léchées et bourdonnantes, gavées de sonorités analogiques pouvant verser à tout moment dans la noise-music la plus abrupte comme en témoigne sa collaboration récurrente avec le musicien électronique Robin Fox - originaire de Melbourne tout comme lui, et plus largement pour les frasques musicales épiques et fusionnelles comme en atteste encore le trio mutant de musique improvisée Pateras/Baxter/Brown auquel il collabore. Dans ce contexte, ce deuxième disque d'Anthony Pateras sur le label Tzadik de John Zorn prend presque des allures de synthèse. En constituant une sorte d'anthologie de cinq ans de travaux musicaux, il balaye l'approche innovante de ce musicien, toujours à la recherche d'un terrain de rencontre propice et original entre une musique de chambre fugitive et une déstructuration électroniquement contrôlée. Fidèle à sa ligne de conduite, Chromatophore fait donc la part belle aux associations fructueuses (seule la courte pièce "Jwt" est solo). On retrouve notamment la vocaliste Natasha Anderson et le violoniste Erkki Veltheim sur deux pièces, la crépitante "Automatons", mariage de bruit de bouches et de cordes confinées, et le très introspectif "When objects dreams". On retrouve également les Mexicains du Ear Massage Percussion Quartet pour une pièce en quatre parties significatives, alternant les passages ludiques et les zones d'ombre dans une schizophrénie de sons et d'humeurs. Mais sans doute les pièces les plus réussies sont-elles les plus orchestrales, réalisées avec l'Ensemble de l'Académie Nationale de musique d'Australie et l'Australian Chamber Orchestra. Derrière les violons tournoyants de la première, "Chromatophore", se dessine un scénario dense et instable qui étonne par ses vibrations tactiles et son expectation fantasque avant de se terminer dans une montée impressionnante. Sur ce morceau, Anthony Pateras assure avec brio la conduite des instrumentistes tandis qu'il reprend sa place au piano préparé et à l'ordinateur sur "Autophagy". Tout aussi compulsif, le morceau zigzague au gré de la volatilité bancale des parties du quintet de cordes, subtilement rehaussées d'une empreinte électronique aussi efficace que discrète, venant plonger par à-coups le morceau dans une frénésie tatillonne. Parfait !
Laurent Catala
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> Pour en savoir plus
Site du label : www.tzadik.com
Site de l'artiste : www.anthonypateras.com
Site du distributeur : www.orkhestra.fr
Anthony Pateras sera en concert le jeudi 30 octobre aux Instants Chavirés dans le cadre du trio Pateras/Baxter/Brown et en compagnie des excellents The Necks.
Pour plus d'infos, www.instantschavirés.com
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CDs des semaines précédentes :
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