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The Magic I.D.
Till My Breath Gives Out (Erstwhile / Orkhêstra)
Que se passe t’il lorsque quatre musiciens berlinois, rompus aux pratiques de l’improvisation électroacoustique, remettent en question leurs principes pour succomber à l’immédiate simplicité de l’idiome pop, franchissant une frontière que d’aucun pensaient hermétique ? La réponse est dans cet album atypique, véritable chaînon manquant entre des sphères musicales qui, le plus souvent, s’ignorent. |
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Contre toute attente, le label Erstwhile, référence en matière de radicalité électroacoustique, dévoile sa nouvelle sous-division, Erstpop, qui compte pour l’instant un titre : le singulier Till My Breath Gives Out. Difficile de cerner en si peu de mots un tel disque : pop, pas pop ? Peut être pourrions nous parler d’explorations sonores canalisées à travers le format chanson, de réconciliation entre musique populaire (au sens noble) et recherches timbrales ? Riche en paradoxes et convoquant des esthétiques a priori opposées, The Magic I.D. emprunte un chemin glissant, ouvert en son temps par Gastr Del Sol, et fréquenté depuis par… personne ? L’identité (magique ou pas) du quartet repose en partie sur la voix fragile et enrouée de Margareth Kammerer (chant et guitare) qui, à l’occasion, rappelle celle de Billie Holiday ; troublante évocation tant tout semble séparer les deux chanteuses. En 2004, Kammerer sortait un premier disque sur le label de Christof Kurzmann qui, justement, se retrouve ici au laptop (et occasionnellement au chant), ajoutant textures subtiles et ornements discrets. Kurzmann fait aussi partie du duo Kommando Raumschiff Zitrone avec Kai Fagaschinski, lequel tient d’ailleurs une des deux clarinettes sur l’album. L’autre est aux mains de Michael Thieke qui, pour compléter le jeu des associations, est le comparse de Fagaschinski dans The International Nothing ! Une proximité entre les musiciens qui se perçoit de bout en bout, de la mélodie accrocheuse de "Martin Fierro" aux profondeurs plus abstraites de "From The Same Road". Le dialogue symétrique des clarinettes oscillant entre harmonie et dissonance (longues notes en apesanteur ou motifs entrelacés) est du meilleur effet, sublimant la mélancolie d’une musique qui n’en est pas moins audacieuse.
Jean-Claude Gevrey
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> Pour en savoir plus
Page MySpace du groupe : www.myspace.com/themagicid
Site du label : www.erstwhilerecords.com
Site du distributeur : www.orkhestra.fr
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CDs des semaines précédentes :
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