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Nicolas de Zorzi
Clepsydre (Openfact)
Musique composée pour un spectacle de la compagnie Sixième Sens, Clepsydre marque une nouvelle étape dans le travail d'accompagnement chorégraphique du compositeur Nicolas de Zorzi. Une approche plus accessible, plus humanisée, qui tend à élargir de façon intéressante le spectre musical électronique qu'il façonne sans autant renoncer à la profondeur atmosphérique de ses articulations sonores. |
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Au début, une zone de turbulence. Une lente montée de fréquences s'y greffe comme une proéminence maligne, puis des sonorités chaudes, marimbas héritées de Steve Reich et colorations électros breakbeat plus actuelles se diffusent dans une atmosphère subitement plus avenante, truffée de petites espiègleries sonores ou de moments plus suspensifs, comme ce synthé fantomatique qui survole "City life" en faisant des clins d'œil nonchalants au "Sugardaddy" de CJ Bolland. Compositeur travaillant fréquemment dans l'univers de la chorégraphie, Nicolas de Zorzi invite à travers ce Clepsydre à poser son regard à l'aveugle sur ce spectacle créé par le collectif hip-hop Sixième Sens et qui a sillonné la France voici deux ans. Venant après un travail beaucoup plus ambiant sur le solo de Carolyn Carlson (Double Vision, publié également sur Open Fact), Clepsydre se détache davantage des influences audibles du compositeur, qu'elles aillent de la musique contemporaine à Kraftwerk dont les réminiscences sourcillaient sur des titres comme "Photocopier", évocation sensible et instrumentale du Pocket Calculator des pionniers de Düsseldorf. Clepsydre réussit le tour de passe-passe d'être musicalement plus abouti et plus accessible, plus narratif également tant le passage d'un morceau à l'autre se fait avec une fluidité qui évoque sans doute les transmissions douces, aqueuses presque (forcément avec un tel titre), qui viennent glisser sur les mouvements des danseurs de la compagnie. Cela ne signifie pas pour autant qu'une certaine évanescence spectrale ne continue pas de se dégager de la musique de Nicolas de Zorzi. Elle se fait seulement plus douce, plus sensuelle, empruntant des senteurs ethniques filtrant sur des titres comme "Static moves", chant et sampling très Transglobal Underground à l'appui, ou sur le tout aussi orientalisant "Heaven ride", au chant haché par les saccades d'une respiration et de sa continuité rythmique, sans toutefois renoncer à quelques phrasés crépusculaires ("Premonition").
Laurent Catala
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> Pour en savoir plus
Site du label : ndz.openfact.net
Site de Qwartz : qwartz - découvertes
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