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Lucio Capece & Mika Vainio
Trahnie (Editions Mego / La Baleine)
En matière d’exploration sonore, on le sait depuis longtemps, tous les chemins mènent à Berlin. De Finlande ou d’Argentine, les deux protagonistes de ce disque y ont élu domicile et, mieux encore, ont trouvé là l’occasion de confronter leurs pratiques, croisant composition électronique nervurée et improvisation acoustique granulaire. Le résultat est au-delà des espérances et redonne une couche de radicalité sur le blason des Editions Mego. |
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Il y a des associations qui, sur le papier, ne paient pas de mine ; la surprise n’en est que plus plaisante lorsque, dans les faits, on découvre une authentique complémentarité. Dernier exemple en date : la collaboration entre Lucio Capece (saxophone soprano, clarinette basse, préparations diverses, shruti-box) et Mika Vainio (électronique, traitements, guitare, cymbale). On a pu entendre le premier dans des registres ultra-épurés, aux côtés d’Axel Dörner, Toshimaru Nakamura, Rhodri Davies ou Robin Hayward ; le second n’est plus à présenter après quinze années de service au sein de Pan sonic. Rien a priori ne semblait rapprocher les deux personnages et c’est déjà avec étonnement que l’on avait découvert leur partenariat au sein d’un quartet avec Axel Dörner (encore lui) et Kevin Drumm. Cette alléchante configuration n’ayant, pour l’heure, pas de disque à son actif, on se contentera de ce Trahnie déjà bien assez dense comme ça. Le ton est donné dès l’inaugural "Ujellus" : fraction de saxophone démultipliée pour former une masse compacte mais finement ouvrée. La tension accumulée explose sur le morceau suivant, le fulgurant « Juurake », où adrénaline et électricité se combinent pour délivrer de douloureuses décharges, hybridant la corrosivité numérique d’un Pita (période Get Out) à la hargne bestiale d’un Borbetomagus : tout un programme ! Quelques épisodes plus introspectifs viennent prendre le relai même si des fréquences acérées parviennent à s’insinuer à travers renâclements sidérurgiques et vibrations électroacoustiques. La pression se libère à nouveau par à-coups : rituel d’intimidation dans la faune équatoriale ("Hobojungle"), incisions à la disqueuse ("Sahalaitainen") ou atomisation de décombres technoïdes ("Tolmavuo"). "Mañana" conclut superbement le cycle avec un drone échappé de la shruti-box de Capece, revenant au statisme du départ. Très différent du travail des deux musiciens dans d’autres contextes, ce premier essai collaboratif fascine par sa précision et sa cohérence.
Jean-Claude Gevrey
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> Pour en savoir plus
Le blog de Lucio Capece : www.luciocapece.blogspot.com
Page consacrée à Mika Vainio : www.phinnweb.org/vainio
Site du label : www.editionsmego.com
Site du distributeur : www.la-baleine.com
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CDs des semaines précédentes :
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