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The Chap
Ham (Lo Recordings / La Baleine)
Contre le revival rock très tendance - options facilité et immobilisme - qui n’en finit pas de se prendre au sérieux pour mieux déterrer ses bons vieux cadavres putrescents, The Chap poursuit son acerbe entreprise de raillerie en empruntant des pistes escarpées où ironie sonique et absurdité des textes sont des armes redoutables. |
Auto Where To
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Après The Horse il y a deux ans, premier album fort réussi qui voyait les quatre anglais pratiquer un rock chercheur - se prenant d’affection aussi bien pour l’électro(nica) ou la new wave que le post rock mélodique, le punk ou la disco - on se demandait quelle serait l'orientation nouvelle à donner à tant d’horizons défricheurs. Et comme The Chap prend un malin plaisir à être là où on l’attend pas, Ham, étonnamment, est un disque qui respire une certaine cohésion pop, au risque de décliner une tonalité plus naïve que par le passé. Mais comme en 2003, plutôt que de passer en revue les clichés du rock’n’roll, The Chap préfère distiller un vent frais et inattendu au fil de morceaux aux influences diverses et inspirées comme autant d’insurrections passionnées. “Baby I’m Hurt’n”, est un garage-rock où l’on jurerait entendre les vociférations de Mark E. Smith (The Fall) jusqu’à ce que d’étranges sons de violoncelle viennent en strier les dernières secondes. “Woop Woop” joue du décalage, ses paroles joliment absurdes (évoquant l’aspect clinquant et éphémère d’une carrière rock) faisant écho de manière surréaliste au "garage rock" du morceau précédent. D’ailleurs, musicalement celui-ci lorgne plutôt vers des constellations post-rock scintillant de beats ronds et de basses aquatiques. “Now Woel” décline un riff de guitare façon Sonic Youth tandis que les vocaux rappellent The Jesus And Mary Chain. “Long Distance Lovin” est un court mais divin joyau sonique répétitif aux sifflotements drolatiques. “Woop” - cynique étude d’un certain quotidien - débute comme du The Books et se transforme dès son refrain en du Stereolab soutenu par le Mouse On Mars de "Glam". “Auto Where To” est très proche des récentes pilules psychédéliques de Clouddead tandis que “Arizona” est une sorte de granité rock climatique rappelant Animal Collective. C’est dire la qualité des forces déployées sur ce nouvel opus !
Fred Foreau
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